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Le blog de Pauline
Sièges recouverts d'un tissu rouge, sol en marbre, décor rutilant, on se croirait dans un opéra italien, il ne manque que les loges. Pour compenser, les trésors de la Nation: colonnade ionique de marbre blanc, tapisserie des Gobelins, statues de Pradier, bas-relief de Roman, le tout orné des ors de la République. Un aperçu de l'Assemblée nationale.
A la place des trois coups ouvrant une représentation théâtrale, une sonnerie. Brève, elle retentit au début de la séance et à chaque interruption. Dans le rôle des ouvreuses, les huissiers. Vêtus de leurs noeuds papillon blancs, de leurs costumes ou tailleurs noirs, d'une chaîne en métal qui descend sur le ventre, ils sont les gardiens d'un temple: le Palais Bourbon. Pendant les questions au gouvernement, ils papillonnent d'un député à l'autre tels des messagers en queue de pie. Après le pugilat éventuel, ils ramassent les morceaux - de papier - qui jonchent le sol, comme après un âpre combat.
Au cours des débats, les huissiers de la République font acte de présence, ils distribuent aux députés la liste des questions à venir. Mais la plupart du temps, ils sont au pied du "perchoir". Jamais isolés, mobiles comme les petites mains d'un atelier de couture. Ils ne lisent pas les journaux, ne jouent pas avec leurs branches de lunettes, ne se recoiffent pas quand les députés parlent; ils sont attentifs. Les représentants de la Nation, eux, discutent, s'interpellent ouvertement, et font des commentaires à haute voix, alors que la séance continue. Des élus indisciplinés au sein même de leur salle de spectacle.
Un tout autre spectacle salle des quatre colonnes
A l'intérieur de l'hémicycle, les huissiers brillent par leur éclat, le vêtement y fait pour beaucoup. Mais dans la salle des quatre colonnes, les rôles sont redistribués. Ici, pas d'huissier. C'est plutôt le temple de la communication, des petites phrases. Il y a les députés aguerris, les spécialistes des coups d'éclat. Les plus connus, les plus volubiles, mais pas seulement. On se souveint du député UDF Jean Lassalle troublant la "quiétude" des débats par un chant basque. La salle des autre colonnes, c'est aussi les petites confidences, les rictus de situation. La députée UMP Nadine Morano qui félicite un confrère:"je t'ai entendu ce matin sur RTL, je t'ai trouvé très bon". L'homo politicus est sur scène, les huissiers en coulisse.
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